Accueil A la une Togo : les coupures d’électricité bientôt plus graves à cause de cette...

Togo : les coupures d’électricité bientôt plus graves à cause de cette décision du Ghana ?

0
Togo : les coupures d'électricité bientôt plus graves à cause de cette décision du Ghana ?

Le Togo pourrait connaître des coupures d’électricité plus nombreuses qu’à l’accoutumée. Un incendie a suffi pour modifier l’équilibre énergétique de toute une sous-région.

En effet, d’après les informations de plusieurs médias de la sous-région, dont Koaci, le jeudi 23 avril 2026, à 14h01, un sinistre s’est déclaré à la sous-station de la Ghana Grid Company Limited (GRIDCo) à Akosombo, dans la région Est du Ghana. L’incident a retiré entre 720 mégawatts et près de 1 000 mégawatts du réseau national ghanéen. Pour un pays dont la demande maximale avoisine 4 400 mégawatts, le choc est sévère.

Le lendemain, vendredi 24 avril, les autorités ghanéennes ont tiré les conséquences. Le porte-parole du ministère de l’Énergie et de la Transition écologique, Richmond Rockson, a annoncé sur Joy FM l’arrêt complet des exportations d’électricité. « Dès que vous avez un problème au niveau national, vous prenez soin de votre maison d’abord », a-t-il déclaré. Cette formule résume une doctrine simple : en cas de crise, les consommateurs ghanéens passent avant les voisins.

Or le Togo fait partie de ces voisins directement concernés. La sous-station d’Akosombo constitue le principal nœud de transmission de l’électricité vers le Togo, le Bénin et le Burkina Faso, dans le cadre du West African Power Pool (WAPP). La suspension de ces flux intervient dans un moment déjà difficile pour Lomé. En mars 2026, le directeur général de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), Débo-K’mba Barandao, reconnaissait sur la Télévision togolaise que des perturbations touchaient le pays depuis plusieurs semaines. Il avait alors expliqué que les fournisseurs traditionnels du Togo, notamment le Ghana et le Nigeria, réduisent parfois leur fourniture pour des raisons liées à leur propre réseau, « ce qui nous laisse avec un déficit qu’on doit gérer ».

Cette dépendance structurelle place le Togo dans une position précaire. La CEET avait d’ailleurs engagé des discussions avec ses partenaires régionaux pour augmenter les volumes importés. Ces négociations tombent maintenant à plat, au moins temporairement.

Du côté d’Accra, les réparations progressent. L’objectif immédiat des techniciens est de remettre en service la première des unités de production dans les 24 heures, puis de reproduire l’opération pour les unités suivantes. Les ingénieurs avaient initialement estimé à cinq jours le délai de restauration complète, bien que le porte-parole du ministère ait exprimé l’espoir d’aller plus vite. Le ministre de l’Énergie, John Abdulai Jinapor, a constitué un comité de sept membres pour enquêter sur les causes de l’incendie. Ce comité dispose de 14 jours pour rendre ses conclusions.

Le ministère a reconnu que le Ghana ne dispose pas des marges de réserve suffisantes pour absorber des chocs de cette ampleur. Une grille résiliente nécessite en théorie une réserve de 20 % au-dessus de la demande, un seuil que le pays n’atteint pas. Ce constat vaut, à des degrés divers, pour l’ensemble des pays de la sous-région.

La durée de la suspension dépend donc du rythme des réparations à Akosombo. Pour le Togo, chaque journée supplémentaire sans cet apport ghanéen aggraverait un déficit déjà chronique. L’incendie d’une sous-station révèle ainsi l’interdépendance des réseaux ouest-africains, et la fragilité collective d’un système énergétique régional qui repose souvent sur quelques infrastructures stratégiques.

Togo : les coupures d’électricité bientôt plus graves à cause de cette décision du Ghana ?

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici