De Pékin à Cotonou : la modernisation à la chinoise comme un levier de développement durable pour le Bénin

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Discussions entre le président du Bénin et de la Chine

Routes neuves, zones industrielles émergentes, projets d’énergie renouvelable… Depuis une décennie, la présence chinoise au Bénin s’impose comme une réalité concrète. Pékin ne se contente pas de tendre la main : elle propose un modèle. Un modèle fait de grands chantiers, d’investissements rapides et d’une vision centralisée de la modernisation. Et Cotonou, à la croisée des besoins de développement et des aspirations à la durabilité, semble avoir trouvé là une source d’inspiration.

Zariane DJIMASSE

À Klouékanmey, Étienne Sognonvi, cultivateur de maïs, n’a plus besoin de passer des heures sur des pistes dégradées pour rejoindre le marché de Toffo : une route toute neuve relie désormais sa commune au lieu d’écoulement de ses produits. À Cotonou, Aïssatou Tidjani, étudiante, se connecte chaque jour à une plateforme en ligne grâce à une connexion internet plus stable qu’hier. À Cotonou et dans les autres villes du pays, les grues s’activent, les routes s’élargissent, les fibres optiques s’étendent. Derrière ce visage en pleine transformation se dessine une ambition claire : propulser le Bénin vers une ère de développement accéléré, inspirée du modèle chinois.

Route en chantier au Bénin

Pour beaucoup de Béninois dont la sociologue Sandrine Tossou, ces changements ont un point commun : la modernisation à la chinoise, dont les effets se font sentir jusque dans le quotidien des populations. « Des échangeurs routiers aux lignes électriques, en passant par les zones industrielles en construction, le visage du Bénin change à vue d’œil. Derrière ces transformations, un modèle s’invite : celui de la modernisation à la chinoise. Pékin exporte non seulement son savoir-faire en matière d’infrastructures, mais aussi une vision de développement que Cotonou tente d’adapter pour bâtir un avenir durable », a lâché la sociologue visiblement convaincue de ce qu’entre investissements massifs, transfert de technologies et grands travaux, la coopération sino-béninoise s’intensifie. Entre gratte-ciel flambant neufs, transfert de compétences et routes fraîchement bitumées à Cotonou et dans les autres villes, un fil conducteur s’esquisse : la modernisation à la chinoise inspire désormais le Bénin. « En s’inspirant du modèle chinois, le Bénin explore une voie singulière où grands travaux d’infrastructures, innovations technologiques et coopération économique se conjuguent pour répondre à un défi de taille : transformer la croissance en développement durable », a laissé entendre Sandrine Tossou pour qui ce modèle se présente comme une alternative au paradigme occidental de développement.

Quand l’expertise chinoise rencontre l’ambition béninoise

Le Bénin, en partenariat avec la Chine, engage une modernisation rapide et ambitieuse de ses infrastructures, de son agriculture et de son économie numérique. Inspiré du modèle chinois, ce rapprochement ouvre de nouvelles perspectives pour un développement durable, inclusif et porteur d’emplois, plaçant le pays sur une trajectoire prometteuse de croissance et de souveraineté économique.

Formé en Chine, il met en pratique les connaissances acquises

Pour Eli Ayowa, formé en énergie renouvelable, ce partenariat entre la Chine et le Bénin, a totalement transformé le paysage du Bénin surtout ces dernières années. « Inspirée du modèle chinois, la stratégie béninoise mise sur l’industrialisation et la digitalisation pour soutenir la croissance. Les investissements dans le textile, l’agro-industrie et les énergies renouvelables rappellent la trajectoire de la Chine, qui a combiné infrastructures lourdes et technologies de pointe pour propulser son économie », a-t-il argumenté.

Poursuivant dans le même sens que son prédécesseur, Médard Codjia, la trentaine et Topographe, se confie : « Grâce aux formations offertes par la Chine, j’ai pu apprendre à utiliser des machines modernes. Cela a changé la façon dont nous travaillons et accélérer le travail sur les routes. »

Pour la sociologue Sandrine Tossou, l’enjeu pour le Bénin de s’inspirer du modèle chinois pour son développement est double : améliorer la compétitivité nationale et offrir des perspectives aux jeunes générations.

Les drapeaux du Bénin et de la Chine

Abondant dans le même sens, Bareck Sourokou, expert en économie, a fait savoir que le Bénin connaît une transformation progressive de ses infrastructures et de son économie. A l’en croire, cette dynamique s’appuie en grande partie sur une coopération renforcée avec la Chine, dont l’approche en matière de développement souvent qualifiée de « modernisation à la chinoise » séduit par sa rapidité et son efficacité. « Entre Pékin et Cotonou, une coopération économique et technologique se dessine de plus en plus clairement. Le Bénin, animé par une volonté ferme de modernisation et de développement durable, bénéficie aujourd’hui du savoir-faire et des investissements chinois pour transformer ses infrastructures, renforcer son industrie et accélérer sa transition numérique », a-t-il argué.

Dans un pays en quête d’infrastructures solides et d’industrialisation durable, le modèle venu d’Asie s’impose comme une référence, soulevant à la fois espoirs de développement rapide et interrogations sur son adaptation aux réalités locales.

Entre opportunités et vigilance

« Si la modernisation à la chinoise séduit par sa rapidité et ses résultats visibles, il suscite aussi des débats », reconnaît la sociologue Sandrine Tossou. « Tout est perfectible dans ce monde. Il faut tirer le meilleur de ce modèle chinois tout en prenant surtout en compte les réalités de chez nous », a-t-elle nuancé.

Après avoir insisté sur les avantages économiques que tire le Bénin à s’inspirer du modèle chinois pour un développement réel et durable, Bareck Sourokou, expert en économie, a, pour sa part, mis en garde contre le risque d’endettement, la dépendance technologique ou encore le manque d’adaptation aux réalités locales. Pour Cyrille Ligan, béninois résidant en France, « l’essentiel réside dans la capacité du Bénin à « béniniser » la modernisation : intégrer les leçons chinoises tout en affirmant ses priorités sociales, environnementales et démocratiques ».

Quoi qu’il en soit, la question n’est plus de savoir si le modèle chinois influence le Bénin, mais comment il le façonnera. Dans un contexte mondial marqué par la recherche d’alternatives durables, Cotonou devra prouver que cette modernisation importée peut rimer avec inclusion, écologie et souveraineté. Le pari est ambitieux, mais pour de nombreux acteurs, il est aussi porteur d’une promesse : faire de l’expérience béninoise un exemple africain d’adaptation réussie.

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