Le choix du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye de proposer le général Birame Diop à la tête de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) répond à plusieurs logiques stratégiques et politiques.
D’abord, la CEDEAO traverse actuellement une crise majeure de sécurité et de cohésion. Le Sahel est confronté au terrorisme et aux tensions diplomatiques couronnées par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation.
Dans ce contexte, Dakar estime qu’un profil fortement expérimenté sur les questions militaires et sécuritaires pourrait aider à renforcer l’autorité et l’efficacité de l’institution régionale.
Le Sénégal met aussi en avant le parcours international de Birame Diop. Contrairement à l’image classique d’un militaire uniquement centré sur l’armée, le général possède une expérience diplomatique importante auprès des Nations unies et des organisations africaines. Il a travaillé sur les opérations de paix, la prévention des conflits et les réformes du secteur de sécurité dans plusieurs pays africains. Cela permet au Sénégal de présenter sa candidature comme celle d’un homme de sécurité, mais aussi de dialogue et de gouvernance.
Il y a également un message politique. En proposant un général réputé républicain et respecté, le Sénégal veut probablement montrer qu’il existe une autre image de l’armée dans la région, différente des juntes militaires arrivées au pouvoir par des coups d’État. Dakar cherche ainsi à défendre un modèle où l’expérience militaire peut servir les institutions civiles et régionales plutôt que les renverser.
Ce choix peut aussi être interprété comme une volonté d’adapter la CEDEAO aux nouvelles priorités régionales. Pendant longtemps, l’organisation a été dominée par des profils économiques ou diplomatiques. Mais aujourd’hui, les questions de défense, de terrorisme, de frontières et de stabilité politique occupent une place centrale. Le Sénégal semble considérer qu’un ancien chef militaire ayant une expertise internationale pourrait mieux gérer cette période de turbulences.
Enfin, cette candidature peut renforcer l’influence diplomatique du Sénégal au sein de la CEDEAO. Le pays cherche à conserver son image de puissance de stabilité en Afrique de l’Ouest et à peser davantage dans les futures réformes de l’organisation régionale.







