Après le coup d’État d’Assimi Goïta, la faim a-t-elle reculé au Mali ? Que montrent les données de la FAO ?
Contrairement au Burkina Faso, le Mali connait une aggravation de la faim après l’arrivée au pouvoir du général Assimi Goïta en 2021, selon les dernières données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
D’après l’édition 2026 du rapport L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, la prévalence de la sous-alimentation avait progressivement diminué au Mali entre 2014 et 2021.
Sur cette période, la proportion de personnes souffrant de la faim est passée de 5,9 % à 4,7 %.
Cette tendance s’est toutefois inversée après 2021. Le taux est remonté à 7,3 % en 2022, puis à 9,9 % en 2023.
Depuis 2024, il s’est stabilisé à 12,1 %, soit plus du double du niveau observé avant le changement de pouvoir.
Le contexte
Cette dégradation intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante. Depuis 2012, le Mali est le théâtre d’un conflit armé impliquant des groupes jihadistes, des mouvements indépendantistes touaregs et les forces de sécurité.
Les violences, qui touchent plusieurs régions du pays, continuent de perturber les activités agricoles, les échanges commerciaux et l’accès des populations à la nourriture.
Le 24 mai 2021, un coup d’État a conduit à l’éviction du président de la Transition, Bah N’Daw, et du Premier ministre, Moctar Ouane, ouvrant la voie à l’accession d’Assimi Goïta à la présidence de la Transition.
À la suite de ce coup d’État, le Mali a fait l’objet de sanctions économiques imposées par la CEDEAO. Par la suite, le pays a quitté l’organisation aux côtés du Burkina Faso et du Niger.
Les trois États ont créé, en septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel (AES) avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma. Cette alliance a ensuite été érigée en Confédération de l’AES le 6 juillet 2024, lors d’un sommet tenu à Niamey, au Niger.
Il convient toutefois de souligner que les données de la FAO ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre le coup d’État de 2021 et la hausse de la faim au Mali. En revanche, elles montrent que la situation alimentaire du pays s’est nettement détériorée au cours des années qui ont suivi, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations, les difficultés économiques et les perturbations des activités agricoles.
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