Coup d’État déjoué : Soutenir l’État de droit, même quand il dérange

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Coup d’État déjouée : Soutenir l’État de droit, même quand il dérange
Crédit Photo : Pinterest

Le coup d’État n’est jamais une opinion

Il arrive des moments dans la vie d’une nation où le silence devient une forme de complicité. Le mandat d’arrêt lancé par les autorités béninoises contre Kémi Séba et Korogoné, dans le cadre du coup d’État récemment déjoué contre le régime du président Patrice Talon, appelle une prise de position claire. La mienne est sans ambiguïté : sur le plan politique et moral, ces deux figures portent une responsabilité grave dans la tentative de déstabilisation de l’État béninois. Qu’on le veuille ou non, on ne joue pas avec les institutions d’un pays sans en assumer les conséquences.

Du militantisme à la subversion

Depuis plusieurs années, Kémi Séba s’est imposé comme une voix radicale du panafricanisme, utilisant un discours de rupture, souvent violent dans ses mots, pour contester les pouvoirs établis. La critique politique est légitime en démocratie. Mais lorsque le discours quitte le terrain des idées pour flirter avec l’appel à l’insurrection, à la rupture institutionnelle et à la délégitimation systématique de l’État, il cesse d’être un simple militantisme.

Dans le contexte béninois, marqué par une stabilité institutionnelle chèrement acquise, encourager ou soutenir une entreprise de renversement du pouvoir légalement établi constitue une ligne rouge. À mes yeux, cette ligne a été franchie.

Le coup d’État n’est jamais une opinion

Certains tenteront de réduire cette affaire à une persécution politique ou à une atteinte à la liberté d’expression. Cet argument ne tient pas. Un coup d’État, même déjoué, n’est pas une opinion. C’est un acte grave, aux conséquences potentiellement dramatiques pour la paix sociale, l’économie et la sécurité des citoyens.

Dans une sous-région déjà fragilisée par une succession de putschs, le Bénin n’avait pas le luxe de l’angélisme. L’État se devait de réagir avec fermeté.

Assumer la responsabilité de ses actes

Kémi Séba et Korogoné ne sont pas des acteurs politiques ordinaires. Leur influence, leur audience et leur capacité de mobilisation leur confèrent une responsabilité particulière. Lorsqu’une telle influence est mise au service d’un projet de déstabilisation, elle devient dangereuse.

À titre personnel, je considère que nul ne peut appeler à la chute d’un régime par des moyens illégaux et ensuite se réfugier derrière le statut d’activiste. La radicalité verbale finit toujours par produire des actes. Et lorsque ces actes menacent l’ordre constitutionnel, l’État est fondé à agir.

Soutenir l’État de droit, même quand il dérange

Défendre la fermeté de l’État dans cette affaire ne signifie pas renoncer à la démocratie. Bien au contraire. La démocratie ne survit que si elle se protège contre ceux qui veulent l’abattre par des raccourcis dangereux.

Que la justice fasse son travail, dans le respect des règles et des droits. Mais sur le plan social, il est de notre responsabilité collective de dire clairement que le Bénin ne peut tolérer, ni aujourd’hui ni demain, des aventures putschistes déguisées en luttes idéologiques.

Le Bénin doit rester debout

Cette affaire dépasse des individus. Elle pose une question essentielle : voulons-nous d’un Bénin gouverné par la loi ou livré à l’instabilité chronique que connaissent d’autres pays de la région ?

Pour ma part, le choix est fait. La stabilité, l’ordre constitutionnel et la souveraineté du peuple béninois priment sur les ambitions personnelles et les radicalismes irresponsables. Kémi Séba et Korogoné devront répondre de leurs actes. C’est le prix à payer lorsqu’on choisit de défier la République.

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