Face à un pouvoir méthodique et bilan plus ou moins flatteur, l’opposition reste embourbée dans des luttes intestines.
Alors que l’élection présidentielle d’avril 2026 approche à grands pas, l’opposition béninoise donne le spectacle d’un camp désorganisé, sans ligne claire ni leadership fort, encore moins une offre politique crédible. Face à un pouvoir méthodique et bilan plus ou moins flatteur, elle apparaît plus que jamais en décalage avec les enjeux du moment.
Le premier tour de la présidentielle au Bénin aura lieu en Avril 2026. D’après le calendrier publié par la Commission électorale nationale autonome, l’enregistrement des dossiers de candidatures est fixé du 10 au 14 Octobre 2025. Mais au lieu de bâtir une coalition solide et de proposer un projet politique cohérent, les leaders de l’opposition multiplient les sorties individuelles, souvent contradictoires. Aucun programme commun, aucun mot d’ordre unificateur, aucune candidature consensuelle en vue.
Sûr de pouvoir réussir seul les parrainages nécessaires à la validation de ses deux dossiers pour son duo, le parti Les Démocrates ne mène visiblement aucune démarche en vue de la création d’un front commun de l’opposition pour ce scrutin. Quant au parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), depuis les élections législatives de Janvier 2023 qui ont révélé sa véritable force sur le terrain, il semble n’être plus que l’ombre de lui-même et a enregistré de nombreuses divisions en son sein. A tout ce scénario qui ne peut que mener à une inéluctable débâcle de l’opposition, il faudrait y ajouter l’équation du président du parti Restaurer l’espoir. Candide Azannaï a toujours opté pour la politique de la chaise vide face aux élections organisées par le régime de Cotonou depuis 2019. Il parait dès lors probable, voire certain, que l’ex-ministre délégué à la Défense nationale de Patrice Talon ne donnera aucune consigne de vote en faveur d’un duo de l’opposition et jouera la carte du boycott.
À neuf mois du scrutin, la question du leadership est au cœur du blocage. Chacun veut être candidat, mais personne n’est capable de rassembler. Derrière les sourires de façade, les rivalités sont féroces : anciens présidents, leaders de mouvements contestataires, jeunes figures montantes… tous se neutralisent. Résultat : l’opposition reste embourbée dans des luttes intestines, sans figure fédératrice, ni discours mobilisateur capable de convaincre au-delà de son propre noyau dur.
Renaud Accrombessy






