Transmission culturelle : l’Association Écrivains Humanistes du Bénin redonne vie aux panégyriques avec ORIKI MI

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Transmission culturelle : l’Association Écrivains Humanistes du Bénin redonne vie aux panégyriques avec ORIKI MI

L’Association Écrivains Humanistes du Bénin, avec le soutien de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), a tenu ce vendredi 17 avril 2026 un point de presse à la Bibliothèque Bénin Excellence de Godomey pour présenter le bilan à mi-parcours du projet ORIKI MI. Devant les professionnels des médias, les responsables du projet ont mis en lumière les avancées significatives enregistrées dans la sauvegarde et la valorisation des panégyriques claniques des aires culturelles Goun, Nago et Yoruba.

Une initiative pour réconcilier les jeunes avec leur identité culturelle

Dès l’entame, le président de l’Association Écrivains Humanistes du Bénin, Camille Akotègnon SEGNIGBEDE, est revenu sur la genèse du projet ORIKI MI. Selon lui, cette initiative est née du constat d’une faible transmission des valeurs culturelles aux jeunes générations et d’un manque de valorisation des patrimoines immatériels.

Pour y remédier, un comité scientifique pluridisciplinaire a été mis en place, réunissant sociologues, historiens, linguistes, artistes et metteurs en scène. Ce comité a réalisé une cartographie culturelle détaillée des départements de l’Ouémé et du Plateau, permettant d’identifier avec précision les différents clans à explorer.

Une collecte rigoureuse sur le terrain

Entre décembre 2025 et mars 2026, les équipes ont sillonné plusieurs localités, notamment Porto-Novo, Missérété, Avrankou, Ifangni, Sakété, Pobè et Kétou. Cette mission a permis d’identifier et d’enregistrer 25 panégyriques claniques.

Le coordinateur du comité scientifique, Martial Alaye AKANKOUDE, a salué la qualité de l’accueil reçu sur le terrain : « Partout où nous sommes passés, les détentrices de savoirs et les chefs de collectivité nous ont réservé un accueil chaleureux », a-t-il indiqué.

À l’issue de cette phase, un travail d’apurement des données a permis de retenir 22 panégyriques. Ceux-ci ont été entièrement transcrits et traduits en français, constituant ainsi une base solide pour la suite du projet.

Une méthodologie structurée et participative

La Secrétaire du comité scientifique, Dr Catira DODO, a détaillé l’approche méthodologique adoptée. L’exploitation de la cartographie culturelle, combinée à l’appui des guides locaux, a permis une progression fluide et efficace dans les zones ciblées.

Dans la dynamique de valorisation, un appel à candidatures a été lancé pour sélectionner dix artistes qui participeront à une phase de création théâtrale inspirée des textes collectés.

Des perspectives tournées vers la création et la mémoire

Pour assurer la pérennité des acquis, le projet ORIKI MI s’articule désormais autour de deux axes majeurs :

Le premier axe concerne la création artistique. Une résidence réunira les artistes sélectionnés afin de transformer les panégyriques en une œuvre théâtrale originale, tout en préservant leur authenticité culturelle.

Le second axe porte sur l’édition et l’archivage. Il est prévu la publication d’un recueil de panégyriques (versions originales et traductions françaises) ainsi que la production d’un répertoire audio pour conserver l’oralité et la musicalité propres aux Oriki.

Des encouragements et attentes fortes

Présent à cette rencontre, l’expert technique international et représentant de l’ADAC, Alain LAERON, a salué la qualité du travail accompli et exprimé son impatience de découvrir les prochaines étapes du projet.

Même son de cloche du côté de l’écrivaine Adélaide FASSINOU ALLAGBADA, qui a félicité les initiateurs tout en appelant à maintenir un haut niveau d’exigence dans la mise en œuvre.

Un projet porteur d’avenir

À mi-parcours, ORIKI MI s’impose comme une initiative structurante pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel au Bénin. En alliant recherche scientifique, création artistique et transmission intergénérationnelle, le projet ouvre la voie à une revalorisation durable des identités culturelles locales.

Plus qu’un simple projet, ORIKI MI apparaît désormais comme un pont entre mémoire et modernité, au service des générations présentes et futures.

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